Pour faire un bon budget…

Depuis son arrivée à la mairie, Mme Besse ne cesse de mettre en garde contre une situation financière qui serait « difficile et dégradée ». C’est surtout une façon de botter en touche quand on lui reproche l’absence de projets structurants, car ses propos méritent pour le moins d’être nuancés.

En effet, les recettes 2016 ont été supérieures aux prévisions grâce notamment à un fonds de soutien à l’investissement, diverses subventions et une conjoncture économique en amélioration.

Certes nous connaissons une baisse des dotations de l’Etat (freinée quand même de moitié cette année) et une augmentation de notre contribution au fonds de solidarité entre communes (le FPIC). Mais force est de constater que les comptes de la ville persistent à rester dans le vert : nous dégageons cette année une capacité d’autofinancement nette de près de 2,5 millions d’euros, loin d’une situation « difficile et dégradée ».

Là où le tableau s’assombrit, cependant, c’est lorsqu’on relève deux autres raisons à cette bonne santé apparente.

Un bon budget doit préparer les recettes futures

Tout d’abord nous avons vendu l’année passée pour 1 million d’euros de biens immobiliers, autrement dit de « bijoux de famille ». Alors que nos investissements (voierie, patrimoine, aménagement de l’espace…), certes utiles, ne préparent en rien les recettes futures. En clair, non seulement la Ville vend le patrimoine mais, avec cet argent, elle priorise les investissements de bien être au lieu de ceux qui rapporteront demain (entreprises, commerces, logements…).

Un bon budget doit prévoir de bonnes dettes

Ensuite, depuis ce début de mandat, nous n’avons pas emprunté alors que les taux étaient au plus bas. De ce fait nous avons gardé des finances saines, certes, mais nous n’avons pas préparé l’avenir. Or une ville ne se gère pas comme un ménage : il est indispensable de faire de « bonnes » dettes, pour des investissements qui rapporteront plus tard.

Un bon budget doit préparer l’ossature de la ville de demain

Aujourd’hui on nous annonce des emprunts, au moment même où… les taux commencent à remonter. Si encore les orientations budgétaires laissaient entrevoir des investissements qui donnent une structure d’avenir à notre ville. Par exemple, une vraie politique de développement d’une économie verte à partir des prémisses que constitue GreenTech, ou un grand équipement culturel intercommunal en centre ville. Mais en continuant à prioriser ses réalisations de confort, la municipalité donne l’impression qu’elle vit sur ses acquis et qu’elle ne voit pas l’intérêt de préparer l’avenir.

Enfin, faire un budget aujourd’hui, c’est aussi rechercher des économies d’échelle. Par conséquent, c’est envisager une mutualisation des compétences voire un rapprochement avec les communes voisines (la loi NOTRe nous y encourage fortement). De ce point de vue, il est grand temps de réfléchir à l’ossature souhaitable de nos institutions communales et intercommunales. D’autant plus que tous nos voisins le font et que nous sommes à la traîne.

 

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